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Voici mes pensées méditantes
Sur la vaine poésie des bardes de Bretagne,
Donnant le meilleur d’eux-mêmes lors de la principale convention.
Assez de soin pour le marteau du forgeron.
J’ai besoin d’un bâton, redressé par le chant,
Le clan des bardes, qui ne le connaît pas ?
Ils sont quinze mille,
A s’accorder pour lui donner sa forme.
Je suis harmonieux ; je suis un clair chanteur.
Je suis acier ; je suis druide.
Je suis artisan ; je suis un scientifique.
Je suis un serpent ; je suis l’amour ; je m’adonnerai aux plaisirs.
Je ne suis pas un barde confus qui dit des balivernes,
Quand les chanteurs chantent une chanson de mémoire,
Ils ne poussent pas de cris formidables ;
Puissé-je les recevoir
Comme on reçoit des vêtements sans avoir de mains,
Comme on coule dans un lac sans nager.
Le ruisseau augmente progressivement avec audace et tumulte,
Haut dans le sang des villes côtières.
Le rocher entouré de vagues, dans la grandeur de son agencement,
Nous apportera une défense, une protection contre l’ennemi.
Le rocher du Grand Maître, le chef de la Tranquillité.
L’ivresse de l’hydromel nous fera parler.
Je suis une cellule, je suis une crevasse, je suis un rétablissement,
Je suis le dépositaire du chant ; je suis homme de lettres ;
J’aime les grands arbres, qui offrent une protection là-haut,
Et j’aime les bardes qui composent, sans susciter la colère ;
Je n’aime pas celui qui provoque la discorde ;
Celui qui médit des habiles n’aura pas droit à l’hydromel.
C’est le moment propice pour aller boire,
Avec les hommes habiles, échanger autour de l’art,
Et d’une centaine d’entrelacs, de la coutume du pays,
Du berger des provinces, soutien des portes,
Comme partir au combat sans pied.
Il ne voyagerait pas sans pied.
Il ne produirait pas de noix sans arbres,
C’est comme chercher des fourmis dans la lande.
Comme un objet issu d’un butin insensé,
Comme le cortège d’une armée sans chef,
Comme nourrir les sans-abri de lichen.
Comme creuser des sillons sur les crêtes de la campagne,
Comme atteindre le ciel avec un crochet,
Comme rabaisser avec le sang des chardons,
Comme apporter de la lumières aux aveugles,
Comme se partager les vêtements de personnes nues,
Comme répandre du babeurre sur le sable,
Comme nourrir les poissons avec du lait,
Comme couvrir un déluge de feuilles,
Comme tuer une tortue avec des verges.
Comme faire disparaître des richesses en un clin d’oeil.
Je suis un barde du déluge, je suis un poussin de la chaire.
Je ferai obstacle aux bardes bavards.
Avant d’être traîné vers ma sévère récompense,
Puissions-nous gagner ta protection, toi, fils de Marie.
NOTES Ce poème fait peut-être référence au passage du Hanes Taliesin où le jeune Taliesin triomphe des bardes de Maelgwn, les laissant se gratter les lèvres comme des enfants.
